Une installation de l'artiste Matthew Mazzotta devant le bureau des élections du comté de Palm Beach, le 3 novembre 2026, à West Palm Beach, en Floride ( AFP / Giorgio VIERA )
D'Anchorage à Atlanta, d'Austin à Los Angeles, les électeurs américains interrogés par l'AFP mardi ont fait part de leurs préoccupations à l'occasion d'élections de mi-mandat décisives, susceptibles d'infliger un sérieux revers à Donald Trump et aux républicains.
Alors que les premiers bureaux de vote ferment sur la côte Est, le coût de la vie, l'immigration, la guerre en Iran et l'avenir de la démocratie dominent les préoccupations des électeurs.
. Un référendum ?
Pour nombre d'électeurs, le scrutin dépasse les enjeux locaux. C'est "évidemment un référendum sur le second mandat de Trump", tranche Wes Pyron, 37 ans, à Washington, tout en disant se méfier des sondages depuis la victoire surprise du milliardaire en 2016.
Une personne montre son autocollant "J'ai voté" à Los Angeles, le 3 novembre 2026, jour des élections de mi-mandat aux Etats-Unis ( AFP / Frederic J. BROWN )
À Los Angeles, Roberta Brune, 66 ans, résume son vote en une formule: "L'enjeu le plus important est de retirer le pouvoir à ce fou". "J'espère que le Congrès basculera sous le contrôle des démocrates", ajoute t - elle.
À la mi-journée à Atlanta, pas de longue file d'attente, mais des électeurs qui se succèdent sans temps mort et ressortent souvent avec un autocollant "I voted".
"Je ne votais pas systématiquement démocrate (...), je choisissais le meilleur homme ou la meilleure femme", explique Gabrielle Schlueter, une retraitée afro-américaine de 69 ans, le visage barré d'un masque chirurgical. Mais "je ne peux pas apporter la moindre once de soutien aux républicains en ce moment".
. Pouvoir d'achat
Chez les jeunes électeurs rencontrés par l'AFP, les préoccupations économiques dominent largement. "Tout le monde, au moins dans ma génération, est un peu frustré face à la crise du pouvoir d'achat et les prix de l'essence, et ce qui se passe à l'étranger", explique Tom, 27 ans, à Atlanta, qui évoque notamment la guerre en Iran.
À l'autre bout du pays, à Los Angeles, Taylor Cook, 24 ans, partage les mêmes préoccupations : "C'est l'enjeu principal qui guide mon vote. Les loyers, les courses alimentaires, les factures d'énergie et les impôts ne cessent d'augmenter".
Gabriel Layman, un écrivain de 24 ans qui se dit indépendant, explique avoir voté démocrate à Anchorage, davantage pour sanctionner la politique de Donald Trump que "par adhésion partisane". En Alaska, explique-t-il, la guerre en Iran "affecte (le prix de) tout ce que nous achetons et la situation est infiniment pire dans les villages".
Comme la quasi-totalité des biens de consommation doivent être acheminés par bateau ou par camion, toute hausse du coût du diesel se répercute sur les prix. Déjà confronté à l'inflation, il évoque aussi l'augmentation de "plusieurs centaines de dollars" de l'assurance santé de sa famille.
. "Trop socialistes et musulmans"
Plusieurs membres de l'aile gauche du Parti démocrate sont candidats à travers le pays. C'est le cas d'Abdul Al-Sayed, dans le Michigan, qui deviendra en cas de victoire le premier sénateur musulman des États-Unis. À Detroit, Mackenzie Currie, 28 ans, se dit "ravie de voter pour lui".
Dans le Texas, un État conservateur du sud, c'est une figure modérée du parti, James Talarico, qui est candidat au Sénat. Il pourrait battre le républicain Ken Paxton, selon les sondages. "Et cela me rend très triste", réagit Mary Wolf à Dallas.
Une femme dépose son bulletin de vote par correspondance dans une boîte conçue à cet effet, le 3 novembre 2026 à Santa Monica, en Californie ( AFP / ETIENNE LAURENT )
Son mari, qui ne souhaite pas donner son prénom, estime que "le socialisme, ça ne marche pas" : "Ce qui se passe en France le prouve, avec la mainmise de la gauche là-bas".
Pour Maru Restrepo, un électeur d'origine colombienne de 70 ans interrogé à Miami, les démocrates "sont devenus trop socialistes, communistes et musulmans". Des qualificatifs employés par Donald Trump.
. ICE dans le viseur
Une femme marche dans un bureau de vote de New York, le 3 novembre 2026 ( AFP / Leonardo Munoz )
La politique migratoire reste également un sujet sensible. Les politiques migratoires "doivent exister", concède Andres Gutierrez, employé du secteur du crédit immobilier d'origine vénézuélienne, à Doral (Floride). Mais la politique actuelle "n'est pas la bonne approche", assure ce quadragénaire.
À New York, Quishaun Hill, 44 ans, s'inquiète des actions de la police de l'immigration (ICE) et "des agissements irresponsables et véritablement inhumains" de la politique anti-immigration de Donald Trump.
Plusieurs de ces opérations ont suscité l'indignation, notamment après la mort par balles de deux citoyens américains à Minneapolis en début d'année.

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer